Qu'est ce que L'Ereutophobie?
L'Éreutophobie est la crainte de rougir en public. Le visage et quelque fois
le torse et le tronc rougissent plus ou moins intensément lorsque l'individu se
trouve dans des situations émotionnellement inconfortables. La conscience de
rougir et les tentatives de contrôler le malaise empire la situation et le
rougissement.
Le 'Flush' ou 'Blush' peut survenir n'importe quand, et pour des raisons très
infimes, ou même inexistantes.
Dans certains cas, les flushs sont dus à une insécurité affective ou la peur
du jugement et du regard des autres.
Aussi, si aucun traitement ou thérapies ne fonctionnent, on peut penser que
l'influx nerveux de la chaîne sympathique est hyper actif.
Quel est le pourcentage de la population atteinte?
Environ 10% de la population souffre de la maladie, avec des degrés plus ou
moins gênants.
Comment cette maladie survient-elle?
On ne sait pas exactement comment la maladie survient, mais dans la majorité
des cas d'autres membres de la famille sont atteint. Dans certains cas, un
problème psychologique survenu pendant l'enfance ou l'adolescence peut
déclencher ce problème.
Dans le site du Dr Valla, on peut lire que peu de travaux fondamentaux sur le
sujet apportent un éclaircissement satisfaisant sur l'origine de cette maladie.
Physiologiquement, le ;rose aux joues; est un caractère sexuel secondaire,
véritable signal adressé à l'autre lorsque celui ci ne vous laisse pas
indifférent. Normalement, lorsqu'il est adapté, ce signal est rare, de durée
très limitée et d'intensité modérée. Suffisamment explicite pour extérioriser un
trouble que justement vous n'arrivez pas à exprimer, il n'est pas très gênant,
même si parfois il vous perturbe car il met en évidence une réaction
inconsciente (souvent associé à d'autres réactions internes non visibles :
accélération du rythme cardiaque.. sécheresse de la bouche, jambes flageolantes,
mémoire en berne, etc.).
Les signaux colorés sont fréquents dans le règne animal : beaucoup d'organes
(plumes, ergots, organes génitaux…) peuvent changer de couleur pour signaler à
l'autre un intérêt certain, voire même que l'animal est prêt à la reproduction
ou à l'accouplement.
Ces signaux peuvent être, à l'inverse destinés à effrayer l'adversaire, à le
sidérer, permettant ainsi soit d'avoir un avantage en début de combat, soit
donner un temps de sidération mis à profit pour la fuite. Il est intéressant de
remarquer que ces accès de rougeur, ou flushs, s'accompagnent fréquemment
d'accès de sudation dont la signification semble obscure.
Chez l'homme, le signal coloré est sous la dépendance de deux systèmes
nerveux dits ;autonomes; (dont le contrôle n'est pas conscient) qui se contre
balancent mutuellement créant ainsi un équilibre dynamique permanent : le
système sympathique et le système parasympathique. Ils sont eux mêmes contrôlés
par le cerveau ;inconscient;.
Entre cerveau ;conscient; et cerveau ;inconscient; des communications
existent expliquant ainsi la réactivité du corps à l'émotion.
Dans le cas de l'éreutophobie, un déséquilibre se produit ayant pour
conséquence une hyperactivité du système sympathique. Nous ne connaissons pas
l'origine précise du désordre. Quelques travaux parlent d'un déficit en
neurotransmetteurs (sérotonine) situés dans une zone spécifique du cerveau.
D'autres parlent d'un emballement asymétrique des deux systèmes sympathique et
parasympathique avec déficit de compensation du système parasympathique.
Il est parfaitement possible de penser qu'il existe un dysfonctionnement
(peut être plus ou moins génétiquement contrôlée) de la commande inconsciente du
rougissement, qui est devenue tellement sensible qu'elle est en permanence
emballée et mal contre balancée par un parasympathique aux limites de ses
possibilités qui ne peut plus répondre. La moindre stimulation déséquilibre ce
système instable et engendre une réponse explosive un peu comme un amplificateur
sujet à l'effet de Larsen.
Les mécanismes d'entrée dans la maladie (début souvent brusque, assez
stéréotypé), suite à une situation gênante ou un traumatisme psychologique fait
penser au ;démarrage; d'un processus cérébral qui perdurera. S'agit il de la
réactivation chez des personnes prédisposées génétiquement d'un mécanisme enfoui
dans notre cerveau ;primaire;, résurgence léguée par nos ancêtres lointains et
dont la fonction initiale est perdue ?
Quoiqu'il en soit le résultat est l'ouverture trop fréquente et trop intense
des shunts physiologiques existant entre artérioles et veinules de la face et du
tronc, créant à un afflux de sang et aboutissant à la sensation de chaleur et au
rougissement.
Entrée dans la maladie.
Cette maladie est complexe et il en existe plusieurs présentations :
On retrouve souvent à l'interrogatoire un début brusque, dans l'adolescence
avec quelquefois (rarement) un traumatisme psychologique sévère associé.
Il est intéressant de faire un parallèle, pour ces cas à facteur psychologue
déclenchant net, avec les alopécies (perte de cheveux) par traumatisme
psychologique, dont on rencontre parfois l'association avec l'éreutophobie.
Dans la majorité des cas aucun facteur déclenchant n'est en cause, et il
existe même des forme infantiles (début dans la petite enfance).
Le facteur familial est certain et est perceptible parfois sur plusieurs
générations souvent sans que l'on puisse incriminer une éducation commune (cas
de cousins ou de parents éloignés).
Facteurs déclenchants de la crise :
Multiples et variés : situation inhabituelle, situations de commandement,
petit retard au travail, réflexion d'un collègue, regard des autres, incident au
cours d'une conversation, réflexion d'un supérieur, arrivée du mari qui rentre
du travail. N'importe quelle situation peut être à l'origine de l'accès.
Fréquemment aucun facteur déclenchant n'est mis en évidence, les crises
survenant spontanément, sans horaire, et parfois sur un rythme effréné.
L'alcool, un climat chaud (boite de nuit), une situation pour les autres de
;détente; (bals, repas de famille) ou d'intimité sont des facteurs favorisants.
L'évolution de la maladie est variable :
En règle générale on note une petite amélioration à la fin de l'adolescence
et à l'âge adulte. Il n'y pas de régression vraie, mais plutôt une acceptation
de l'éreutophobie et une installation dans les situations d'évitement qui se
fait au rythme de l'entrée dans la vie et de l'assise prise ainsi
progressivement. Non traitée cette maladie ne guérit généralement pas.
Associations :
Très fréquemment cette éreutophobie s'associe à une hyperhidrose palmaire,
axillaire ou faciale.
Lorsque les deux pathologies coexistent, les patients sont plus enclins à se
plaindre de l'éreutophobie, que de l'hyperhidrose qui reste souvent au second
plan bien que souvent elle soit très développée et invalidante..
Dans de très nombreux cas, il existe associé un syndrome de Raynaud associé.
Cette entité particulière traduit un dysfonctionnement des artérioles des doigts
(parfois aussi des orteils), qui se spasment (souvent au froid). Le résultat
aboutit à des doigts souvent glacés, qui deviennent blanc puis bleus, puis
rouges lors d'une exposition au froid.
L'ensemble de ces associations suggère un dysfonctionnement global du système
sympathique.
Le retentissement de la maladie est très variable :
Il n'y a pas de statistiques précises permettant de connaître le nombre et la
répartition précise des différentes formes de la maladie.
Sur le plan psychologique, le retentissement peut être quasi nul chez
certains patient, même très atteints par des accès de rougeur intenses et
fréquents car ils ont réussi à se forger des défenses psychologiques suffisantes
(ou créer un clivage) pour négliger (souvent en apparence) les conséquences de
la maladie.
Souvent mineur, le retentissement est parfois considérable et destructeur
menant a des dépressions profondes et prolongées, des conduites d'alcoolisme
majeur, de toxicomanie, conduisant même parfois au suicide.
Quasi constamment s'installe une ;timidité; induite par la maladie : les
patients n'osent plus aller vers les autres, se réfugient dans les coins sombres
ne prennent plus la parole en public.
Très souvent cette pudeur à dévoiler son trouble fait que le patient n' en a
jamais parlé à son entourage (parents, amis, conjoint) ce qui entraîne des
situations d'incompréhension familiale graves pouvant aller jusqu'au divorce ou
à la séparation sans même que le conjoint soit au courant de la cause profonde
du divorce.
La crainte de sortir et d'être remarqué amène assez souvent à une vie recluse
(sorties minimums, voire plus de sortie du tout, recherche d'un travail non
exposé, arrêt de la vie professionnelle ou scolaire etc...).
La crainte d'être interrogé en cours devient obsédante, jusqu'à provoquer
l'absentéisme scolaire, puis l'échec scolaire ou universitaire, les
réorientations douloureuses d'études, voire même l'abandon pur et simple des
études. Nombreux sont les patients qui ne suivent plus leurs cours que par
correspondance, demandent des situations d'examen particulières (dans le noir à
l'oral !).
Faisant écho à ces observations, plusieurs études concluent à un sous emploi
professionnel des personnes atteintes, qui évitent ainsi les situations
exposées.
Il est fréquent de voir un étudiant abandonner des études brillantes ou se
dévaluer volontairement lors d'examens.
Les cas de professionnels qualifiées refusant, à cause de la maladie, une
promotion ou même un métier pour lesquels il sont par ailleurs parfaitement
aptes et qualifiés sont également extrêmement fréquents.
Il en découle chez l'éreutophobe âgé non traité, le sentiment d'avoir gâché
une bonne partie de son existence, d'être passé à côté de sa vie.
Assez fréquemment, on rencontre des patients qui trouvent dans l'alcool ou le
cannabis un moyen de contrer cette éreutophobie, avec les dégâts potentiels que
l'on imagine.
Sur le plan physique, avec le temps, les capillaires du visage trop
sollicités très souvent de manière trop intense se dilatent et apparaît une
couperose en général accessible au traitement par laser.;
Quelles sont les conséquences de l'Ereutophobie?
Dans la majorité des cas, les personnes qui rougissent l'accepte. Dans des
cas plus importants, le fait de rougir peut gêner la vie sociale et
professionnelle d'une façon très importante. Certaines personnes éviteront les
situations dans lesquelles elles risqueraient de rougir et peuvent même aller
jusqu'à refuser de sortir de chez elles. Les éreutophobes disent en général que
la phobie les rend très timides car on ne cesse de leur faire remarquer leurs
rougissements et ils ont l'impression que les autres pensent pouvoir lire leurs
sentiments alors que le rougissement peut survenir pour la moindre raison. La
phobie peut aussi pousser jusqu'au suicide. C'est pourquoi il faut la prendre au
sérieux.
Physiquement, on peut aussi à force de rougir développer une couperose, qui
n'est un fait que le résultat visible des dommages causés aux micro vaisseaux
sanguins trop souvent sollicités.